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La vie d'une toquée

Le 10 novembre 2017, 14:13 dans Humeurs 0

Ce matin, ce fut le premier matin depuis quinze jours où je me suis réveillée sans cette migraine. Un petit Bonheur vite interrompu après un mal de tête venu s'installer en douce pendant le petit déjeuner. Qu'importe j'étais heureuse et me suis lancée dans mon ménage avant de faire mon sport. Oh oui je te vois venir ....Audrey, sport, il y a quelque chose qui cloche ! Un mot de trop ! J'opterai bien pour le "Audrey" mais j'ai décidé de revoir à plus tard mon suicide, ce qui nous laisse donc sport. Depuis trois semaines je m'y suis remise malgres les sinusites, états grippaux et migraine qui de toute façon font partie de mon quotidien, ce qui est sympa au réveil quand ton barbu est parti avec ton fils et que tu te retrouves seule. Tu n'es jamais seule et tu lances un Bonjour rempli de sourire à ta sinusite, tu prends de ses nouvelles, lui remonte le moral, on ne s'ennuie jamais. Tout roulait, malgrès un fils du vent en plein état d'âme mais ça c'est une autre histoire, guillerette oserais je dire, osons osons, je souris à la vie en faisant mon ménage jusqu'à ce que le drame arrive. Il arriva. Je loupai la marche, me rattrapai à l'étagère, m'écrasai contre le mur pendant que ma cheville décida que c'en était trop de faire partie de corps ingrat et décida de prendre la tangente. Elle oublia que c'était pour la vie, unis par les liens sacrés des os. Et me fit tourner de l'œil. La salope. 

Dans un effort ultime je finis mon ménage, regardant à peine ma cheville sous la douche, c'est que je tourne vite de l'œil pour ces choses-là.

Ha on s'ennuie jamais avec moi, il n'y a pas un jour sans un nouvel exploit et je soupçonne mon barbu de rester avec moi juste par curiosité.

La tête qui dépasse de la porte le grand sourire de produit laitier et un petit "quoi de neuf aujourd'hui mon amour?" Le sadique quand j'y pense ! Il aime me voir soufffir, c'est ça, tout notre amour repose sur ce doux moment "quoi de neuf aujourd'hui mon amour ?"

Le scélérat, je m'énerve la cheville posée, les bras gigotant, je peste contre lui et prépare ma verbe, je ne vais pas lui laisser le temps de respirer, round 1 ko.

La porte s'ouvre, "Bonjour mon amour, il fait glacial couvre toi bien tout à l'heure, j'ai fait les courses j'arrive" me fait douter.

Il sort du travail, fait des petites courses avant de reprendre le boulo, prend déjà soin de moi avec son "couvre toi bien" oh mais qu'il est génial ce barbu ! Mon cœur fond et je lui raconte. 

"Ha ma femme" et file chercher l'elasto. Mais je l'ai vu son sourire ultra brite, au passage je n'ai jamais compris comment une personne pouvait autant sourire de toutes ces dents, et ça m'énerve. Il a souri. Ravi de ce nouveau incident. Il jubile. 

Il s'occupe de moi certes mais il jubile le vieux.

Il me demande même si je n'ai pas de poils pour éviter que ça me fasse mal. 

Le doute m'assaille de nouveau. C'est vrai qu'il est toujours là pour nous, volant avec sa cape de super héros, il est incroyable, là où on ne l'attend pas, super barbu à la rescousse. Je m'emporte.

Mais comme tout super héros, il y a le partenaire qui se sent souvent comme une sous merde, celui qui sert à rien, celui qui dit "bien joué".

Je suis Robin.  Pas la Robine de How I met your mother, ça me ferait chier d'avoir l'accent canadien mais la robine de batbarbu.

Et il jubile.

S'en est fini, je n'arrive plus à me retenir. 

"Tu n'as pas trop mal là mon amour ?" 

"Crève chien de l'enfer" 

 

 

À toi que j'aime. Un 10 novembre. 

Un 19 mars 1978

Le 18 mars 2017, 22:46 dans Humeurs 0

Un 19 mars 1978

Un autre temps 

Le siècle dernier 

Le charbon répand son odeur et sa noirceur dans chaque tremice de notre cœur 

Tout est noir tout est pluie 

Je me lève dans cette torpeur d'été, ha non nous sommes le 19 mars, autant pour moi, je me lève dans cette pluie de printemps, les habits collent à ma peau, il fait chaud pour un 19 mars. Les yeux encore à moitié clos je me prends les pieds dans le tapis. Je n'ai pas de tapis, me tape le genoux gauche extérieur gauche dans la commode rose, je n'ai pas de commode, je n'aime pas le rose, je n'ai pas de commode rose. Me tête commence à s'éveiller et je ne peux m'empêcher de me poser cette question "mais où suis-je bon sang?" 

Du rose, du sol au plafond en passant par l'interrupteur, des petites tenues sont en train de sécher sur une corde à linge au dessus d'une baignoire, un café aux senteurs exotiques, exotiques ?, embaument l'air de cet appartement aux allures un peu trop féminines pour un homme de 39 ans. Une fenêtre, guidé par une lumière aveuglante trop aveuglante pour un 19 mars je me dirige vers cette fenêtre et l'ouvre d'un coup précipité, un peu trop précipité, la chambranle me reste dans la main. Encore un peu  coi je jette néanmoins un œil furtif au dehors. Spectacle. Interrogation. Étonnement. Surprise. Je vais me recoucher. Bon je suis dans un lit parfumée à la rose, dans des draps de satin parme, tout va bien je ne suis pas chez moi. J'ai dû en tenir une bonne hier, je ne me souviens de rien, mais même dans les moments les plus alcoolisés de ma vie je sais rester courtois, pas d'inquiétude, pas d'inquiétude. Pas d'inquiétude mais dehors il ne fait pas noir. Il ne fait pas charbon. Il ne fait pas voiture à vapeur, il ne fait rien d'un 19 mars 1978. 

Mais que se passe t'il bon sang ! 

Rappelle toi rappelle toi hier oui hier, je maudissais cette ville où chaque parcelle de notre corps respire le charbon, je maudissais ce travail, je voulais partir vite loin dans un pays de soleil où les chats se prélassent au son de musique jazzy où la lumière inonde tout sur son passage et transforme chaque être en une douce brise fraîche. J'avais déjà bu. 

C'est certain.

Tout s'embrouille mais je n'ai pas le temps de m'apitoyer ou de m'interroger, la porte d'entrée s'ouvre brutalement sur une femme qui m'inonde de paroles

"Tu as vu l'heure et c'est moi qui vais ranger ces habits et tu n'as pas éteint le café, tu te rends compte que sans moi ...." elle a vraiment de très jolis seins sous sa blouse vaporeuse, ses lèvres si finement dessinées et cette odeur douce et enivrante, je l'imagine serrée dans mes bras mais une tape sur le front me tire de ma rêverie 

"Tu bouges" 

Je me disais aussi que je ne méritais pas une telle femme. 

Ce n'est pas moi qui choisit les femmes c'est elles qui me choisissent.

Pour ma décharge, je n'ai rien pour moi, une dentition de travers, une calvitie naissante, des bras trop frêles ne parlons pas des jambes, je ne sais même pas comment elles tiennent le reste de mon immonde corps, c'est dire, un bon à rien, un rebus, un cachet et je m'endors jusqu'à la fin des temps. 

J'y ai songé, un peu, chaque jour, mille fois ..... la corde, les veines, le pont, le pont et la corde pour une fin théâtrale, les poisons, le choix est grand, mon courage beaucoup moins ....

Je laisse mon esprit divaguer et la porte claque. Trop tard, je n'ai pas eu le temps de lui poser toutes mes questions. 

L'histoire de ma vie.

Petit déjà j'étais dans mes pensées, à rêvasser ou à imaginer mille vies que je pourrai m'inventer, pilote de ligne, moitié cow boy moitié indien à la recherche d'un trésor perdu au fin fond de la jungle .... un avenir prometteur moi je vous le dis. Mes parents ne l'entendaient pas ainsi. 

"Il est fou"

Bonjour la mine. 

En grandissant mes rêvasseries ne m'ont pas plus aidées. 

Les rendez vous amoureux se transformaient en pugilat, enfin moi je ne disais rien, c'est elles qui parlaient, jugaient et sentencaient.  

J'ai cette fâcheuse habitude qu'une fois ma question posée je n'écoute pas la réponse pensant déjà à

1. La question suivante 

2. Comment fait elle pour être à l'heure avec une telle coiffure, un tel maquillage, une telle tenue 

3. Il faudrait que je lui demande mais pas avant d'avoir écouté sa réponse 

4. Surtout ne pas partir en rêvasserie, écoute la, celle ci je crois que c'est la femme de ma vie 

5. Et si je partais en vacances, je ne sais même pas si il y a une sortie à cette ville noire ?

6. Rho ces cheveux mais regardez ces cheveux!

 

Ce qui inexorablement arrive, arrive. Je sors cette phrase, suivi d'une autre et d'une autre ne sachant m'arrêter, alors qu'elle me regarde avec des yeux ronds attendant depuis 5 minutes de ce lourd silence après sa réponse, réponse que je n'ai pas entendue "et vos cheveux vous les coiffez toute seule ?" "Non Parceque ça tient du miracle" "vous êtes déjà sorti de la ville, ça vous direz des vacances avec moi ?"

Après avoir reçu une main gantée à travers ma joue, je ne crois pas qu'elle ait compris à quelle point je la complimentais et je m'intéressais à elle. 

Ou un peu de trop peut être.

C'est pour moi compliqué, soit on ne dit rien et on passe pour un rustre soit on les effraye ! C'est un des mystères de la vie mais pour l'instant le mystère le plus embêtant est "où suis je !!??" 

Ha oui c'est là où j'en étais avant que cette femme, et rappelons le aux formes douces et agréables, claque la porte.

 

Un rêve, oui un rêve. Mais pourquoi n'y ai pas pensé plutôt. Qu'est-ce que je peux en faire des rêves ! Celui où je me réveille et je suis en retard, je cours nu, à ce moment là de ma vie, je suis un très bel homme, notons le encore une fois, j'aime noter les choses, je m'en aperçois et me réveille en sursaut, puis cours je suis réellement  en retard et je suis toujours nu ! Mais quel corps ! Je note. Et je me réveille pour de bon cette fois. Je rêve de poursuite, de super héros et ceux que je préfère, ceux où je m'aperçois que je suis en train de rêver et je peux tout faire, je suis libre et souvent je vole, c'est un des plus beaux moments de ma vie. 

Dans mes rêves je vole.

 

Je retourne me coucher, encore un rêve éveillé et je songe déjà en m'endormant à quel poison je vais avoir le courage de prendre, je préfère rêver mille fois jusqu'à l'éternité de cette femme, de lumière du soleil, de super héros plus tôt que de retourner à cette ville poussiéreuse de poudre noir. 

 

Ça toque. Laissez moi au moins ça, laissez moi rêver.

Non je n'ouvrirai pas.

Ça toque fort 

Ça toque très fort 

"Mon amour"

"Mon amour ?" 

J'ouvre les yeux, toujours ce rose obsédant, toujours cette commode rose, ce tapis, ces lingeries ..... ce rêve c'est le pompon. 

Je me cogne, genoux gauche extérieur gauche.

Le réveil indique 11:35. Le réveil indique 11:35 ? Je n'ai jamais pu lire l'heure dans mes rêves, nouvelle expérience, petit saut de bonheur dans ma poitrine. 

"Mon amour, Ouvre ! On va être en retard en cours d'histoire de l'art, ta colocataire était furax"

"Mon amour ?" 

"Oui!?" 

"Vous faites erreur Monsieur, je suis en plein rêve et lorsque je me réveillerai je me suiciderai pour rêver éternellement" 

"Audrey arrête tes conneries, on va vraiment être en retard" 

"Audrey .... ?" 

 

À mon amoureux, un jour de fête, t'embrasser encore et encore après 15 ans, comme si c'était hier, vieillir à tes côtés, t'aimer, je t'aime. 

 

Triste Saint Valentin un soir d'hiver

Le 13 février 2017, 18:09 dans 0

Triste Saint Valentin un soir d'hiver 

Un soir d'hiver où tu n'es pas là

La coupe est pleine il n'en fallait pas plus, la goutte d'eau comme on dit, la goutte d'eau ou le verre de vin celui que tu prends chaque midi chaque soir pour noyer ton chagrin, il n'en fallait pas plus, un dernier "tes mains sont sèches?" Et tu as claqué la porte, la porte de la cuisine, mais tu as oublié ta valise, la porte de la chambre mais ça ne te suffisait pas, on a pas assez de porte tu as claqué celle de notre fils, puis dignement sans un mot tu t'es retourné, un dernier espoir, "je te demandais juste si tes mains étaient sèches", tu as claqué la dernière porte. Mais est ce que tu as bien fermé ces satanées portes d'ailleurs. Je m'angoisse, je me calme non je m'angoisse, j'ai le palpitant qui s'affole et je cours je clanche la porte de la cuisine, celle de notre chambre qui n'a pas de clef, celle de notre fils qui n'a toujours pas de clef, et enfin la toute dernière, ouf, je suis rassurée, elles sont fermées à clef, je peux respirer et je m'affale. Mais si, enfin peut être ..... oui on ne peut pas négliger un petit écart de quelques millimètres et ce serait la porte ouverte à tous ces monstres qui se cachent dans l'ombre et n'attendent que ça, un voleur, un violeur, un tortionnaire, un voleur violeur, un voleur violeur tortionnaire, ou simplement un voleur tortionnaire et que penser du violeur tortionnaire. S'en est trop, je ne plus respirer, je vérifie tout, on est jamais assez prudent avec ces choses là. 

Bon, tout est fermé, je peux réfléchir. À quoi déjà ? Ha oui une dispute stupide qui n'a aucun sens à mon sens et aucun intérêt à mon intérêt. Enfin si il mettait du sien aussi, c'est pas ma faute à moi si je prends toutes ces précautions, c'est pour le bien de la famille, il y pense lui à sa famille mais quel égoïste ! 

Non vraiment je ne comprends pas. Est ce que j'ai bien fermé à clef ? Bon une toute petite vérification, comme ça j'aurai l'esprit tranquille et je pourrai ordonner mes idées. Rien que de penser à ordonner j'en suis déjà toute remuée, c'est que j'aime ça moi l'ordre, noter tout, refaire des listes, les ranger dans des classeurs avec des petites étiquettes qui viennent de la petite boutique d'imprimerie, après les avoir précautionneusement lavées bien entendu, c'est un peu long je l'admets mais quelle satisfaction lorsque c'est propre et dépouillé de la moindre petite trace de poussière ou pire de microbes. C'était un jeudi, à 13:48, l'année dernière, si je m'en souviens bien, c'est qu'il m'avait fallu près d'une semaine pour planifier cette sortie. L'eau de tous les robinets fermées, les prises deprisées, les lumières éteintes de leur halo bienveillant et enfin mon sac minutieusement préparé avec ses trois tubes de gel hydroalcoolique, on est jamais trop prudent. Je vérifie tous trois fois, enfin quatre, j'aime pas trop les chiffres impairs, puis je clanche la porte d'entrée frénétiquement, un badaud passe, lève les yeux au ciel mais je m'en moque. Enfin quand je dis que je m'en moque, maintenant oui après 2 ans de thérapie. Je m'égare je disais quoi déjà ? Ha oui je vérifie la porte et je marche vite sans me retourner avait qu'il ne soit trop tard et que j'en change vite d'avis comme toutes les fois précédentes. Ça y est je suis dans la rue, et d'un pas sûr évitant les traits au sol, je m'engouffre dans la boutique. Fermée. 2 minutes d'avance et cette sueur qui vient m'effleurer les tempes, si un passant me frôlait ou pire éternuait ? Je me calme, me demande si j'ai tout bien fermé chez moi, le poêle, non d'un chien de prairie le poêle ! Trop tard, la porte s'ouvre et l'imprimeur me serre déjà la main "ça faisait si longtemps" "mmmmhh" d'un signe de tête angoissée que je lui réponds, attrapant mon gel avec l'autre main histoire que je ne contamine  pas mon sac. "Et ça sera quoi pour la ptite dame?" "Mmmhhhhh et, euh vous allez bien depuis tout ce temps, la forme, pas de petits rhumes ou ....?" Ça l'a touché je crois bien, moi je voulais juste qu'il me réconforte dans l'idée qu'il n'allait pas me refiler la peste bubonique mais il a commencé à me parler de sa femme, son fils et son affreux petit fils gras et malpoli. Juste le temps d'attraper les étiquettes, un petit aurevoir et j'étais devant ma porte. Je n'y suis pas passé loin mais j'y ai réchappé. Un petit coup, juste une dizaine de fois, sur les mains, et je m'attaque aux étiquettes, faudra laver les clanches et la clef aussi, le sac, le manteau ça ne lui ferait pas de mal, oh et puis soyons fous je vais me prendre une douche et me changer, je porte mes habits depuis ce matin tout de même.

C'est dire que je m'en rapelle d'un périple pareil ! 

De là à claquer la porte, la valise sous le bras, il y va fort. 

Et si il avait fait tomber ses habits en fourant tout dans son sac, je vois déjà le massacre d'ici, chemises par terre, dépliées, froissées, ses caleçons sortant des boites .... bon j'irai faire un tour dans l'armoire mais pas tout de suite. C'est ça le contrôle et la thérapie, enfin la deuxième thérapie. J'attends un quart d'heure et j'y vais. C'est bien je progresse, mais si j'oubliais ? Je vais le noter on ne sait jamais ! 

Voilà tout est noté, vérifié et je peux enfin avoir l'esprit léger .... "chéri tes mains sont sèches ?"

 

À mon amoureux, dans le train un lundi à 17:34, pour toute sa patience et son amour, pour une non Saint Valentin, reviens vite, je crois que je t'aime. 

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